Les kekenos de Cotonville

Le trafic à Cotonou est permanent et chaotique. En effet, la plupart des routes ne sont pas asphaltées et ne sont pratiquement pas carrossables au premier abord. Les signaux routiers sont quasi inexistants et puisque les gens klaxonnent pour indiquer leur intention, pas besoin de vous mentionner qu’aux heures de pointe, c’est étourdissant ! Que ce soit le matin ou la nuit, plus de 20 000 kékénos sillonnent les rues de la ville pour permettre aux habitants de se déplacer.  Alors comment vous décrire ce qu’est un kékéno ? Je pourrais utiliser le mot taxi, mais la représentation ne serait pas exacte. En fait, il s’agit plutôt de conducteurs de vieilles motos (la plupart ont certainement plus d’une dizaine années de voyagement) ayant des tableaux de bord non fonctionnels (alors pas moyen de savoir à quelle vitesse vous roulez) et n’ayant aucun clignotant (seul les plus sécuritaires indiquent leurs intentions de tourner avec leurs bras). Pour les futurs touristes de la place, plus un Zem (c’est ainsi qu’on le nomme en langage familier) fait de voyagement dans une journée, plus il sera payé. Il est donc essentiel de leur dire au départ de conduire prudemment parce qu’autrement, le voyage peut s’avérer un peu risqué. La façon de les aborder est relativement simple: il suffit de les siffler (après réflexion sur le sujet, il faut reproduire le bruit d’une mouette avec la bouche) pour les faire arrêter.

Selon la durée du voyage, le prix moyen varie entre 100 et 300 CFA (entre 0.30$ et 0.80$ canadiens). Par exemple, pour nos déplacements au travail, notre trajet est d’environ une quinzaine de minutes. Celui-ci consiste notamment à traverser partiellement le plus grand marché de l’Afrique de l’Ouest et la moitié du voyage se fait sur des routes de terre parsemées de trous immenses (incomparables à ceux de Montréal dira-t-on). Le coût : 250 CFA ! Mais attention, il faut savoir négocier. Il m’est d’ailleurs arrivé à l’occasion de refuser de prendre un Zem parce que nous avions un différent de 50 CFA (comme quoi mon intégration se fait bien, j’exige le même prix que les Béninois). À titre informatif, nous faisons partis d’une minorité très visible qui porte le casque lors de tous ses voyagements. À cet effet, nous avons même passé à la télévision nationale (à notre insu) pour promouvoir le casque en moto. Vous devez également savoir que nous nous limitons à une personne par Zem. Cependant, les habitants de la ville, eux, ont l’habitude de se déplacer à deux, trois, voir quatre passagers par Zem (et là, je ne vous compte pas toutes les choses inimaginables qui peuvent y être transportées).

Comme vous mourrez d’envie de faire un tour, je vous y amène !

Maude

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Un commentaire pour Les kekenos de Cotonville

  1. Miikka Pörsti dit :

    Bonne nouvelle! La circulation de Cotonou va s’ameillorer :

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