Pourquoi aller aider les pauvres là-bas alors qu’il y en a plein au Québec?

La réponse d’un collègue d’université de Marie-Hélène…

«La question me semble déplacée: ce n’est pas une question de quantité, mais de possibilité. Où peut-on réellement agir? Ici, au Québec, où nous connaissons le système, la langue, la culture, les gens? Ou bien à l’étranger, où le simple fait de s’intégrer requiert des années, et où la connaissance du milieu n’est jamais aussi bien acquise? Ici, où nous pouvons nous fixer des objectifs clairs, atteignables et peut-être justes, ou bien là où nous ne pourrons même jamais savoir si ce qui est envisagé a du sens pour la communauté?

D’ailleurs, pour emprunter un point de vue un peu psychologisant, quel est l’intérêt « d’aider » ailleurs? C’est une action romancée et stéréotypée qui, en somme, reflète surtout le découragement d’une population à agir sur son propre monde. Et pourtant, c’est encore cette action là qui aiderait le plus l’Afrique! En ce moment, tous les montants donnés (ou investis en aide humaine) à l’Afrique ne représentent qu’une infime fraction de ce que l’Afrique se fait voler par les pays du nord à travers des dettes et des intérêts injustifiés, ainsi que par des violations territoriales diverses. Le seul minimum de justice pour lequel nous sommes vraiment responsables de nous battre, c’est de faire cesser cette dérive du capital. Ainsi, se battre pour une reconnaissance des droits et de la démocratie ici reste le meilleur moyen de défendre ceux qui sont là-bas.»

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