Le paradoxe environnemental

Imaginez une grande ville où il n’y a ni système de collecte des déchets ni recyclage. Rapidement on pense à des rues encombrées et sales, et aux répercussions sur la santé des gens. Avec le programme de gestion des déchets solides ménagers, Oxfam Québec a contribué à changer le visage de la ville de Cotonou au Bénin. Les résultats sont tellement positifs que d’autres villes du pays veulent adopter un programme similaire. Malgré une nette amélioration, dans les yeux du « yovo » qui arrive à Cotonou, il reste beaucoup à faire en environnement. Effectivement, le service de collecte des déchets est payant, résultat ; il y a plusieurs quartiers où les déchets jonchent encore le sol formant par endroit des montagnes. Evidemment, les familles les plus touchées sont les moins fortunées, les mêmes qui n’ont pas les moyens d’aller à l’hôpital…Avec les pluies torrentielles qui inondent ces mêmes rues et maisons, les conditions de vie sont très difficiles. Par chance, les béninois ont tendance à réutiliser tout ce qu’ils peuvent ce qui réduit le volume de déchets. Les femmes récupératrices de bouteilles contribuent à l’assainissement de la ville en récoltant les contenants vides, en les nettoyant et en les vendant aux commerçants. Malheureusement, contrairement à l’association (privée) des collecteurs de déchets, elles ne reçoivent pas d’aide du gouvernement ni de la mairie.

Il y a ce paradoxe entre les régions rurales où on a établi des zones synergétiques et les villes où les déchets posent des problèmes graves. D’une part, il semble qu’un besoin primaire en termes de santé ne soit pas comblé nous rappelant qu’on se trouve dans un pays en développement alors que de l’autre on a un exemple de développement durable, notamment avec le Parc dela Penjari qui fait partie du réseau mondial des réserves de biosphère de l’UNESCO. Les réserves de biosphère sont des lieux reconnus par le MAB, dans lesquels les communautés locales sont activement impliquées dans la gouvernance et la gestion, la recherche, l’éducation, la formation et le suivi, cela dans l’intérêt à la fois du développement socio-économique et de la conservation de la biodiversité. Les aménagements dans les réserves, tiennent donc compte non seulement de la conservation de la nature, mais aussi des besoins des populations riveraines en matière d’utilisation des ressources, dans les limites de l’acceptable. Il y a donc des zones intégralement protégées et des zones tampon avec plusieurs niveaux de protection qui peuvent servir à la chasse, l’agriculture, le tourisme et l’exploitation des ressources.

 

En tant que stagiaires, une des réalités de la coopération internationale et du développement à laquelle nous sommes confrontés, c’est que tout tourne autour des fonds. Une réserve classée par l’UNESCO c’est prestigieux, ça attire les touristes et les scientifiques et fait ainsi rouler l’économie. Une ville où les quartiers fréquentés par les blancs sont d’une propreté acceptable aussi ça rapporte…mais personne ne s’indignera devant des quartiers pauvres insalubres.

Judy

A propos Judy Coulombe

Blogueuse épisodique, aime voyager par avion ou à travers les écrits des autres!
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