Histoire et politique

De la date de son accession à l’indépendance , le 1er août 1960 à nos jours, l’histoire politique du Bénin est marquée par deux périodes, notamment celle de 1960 à 1990, caractérisée par une instabilité politique et celle de 1990 à nos jours, sous l’avènement de la démocratie.

Depuis l’indépendance, le Bénin a connu une histoire politique mouvementée. Les douze premières années furent marquées par une instabilité chronique, les anciennes élites coloniales, pour la plupart originaires du Sud, se disputèrent le pouvoir.

En 1963, le nord du pays veut sa revanche, tandis que les élites et la nouvelle bourgeoisie semblent peu préoccupées par les nombreux défis du sous-développement. C’est à cette période qu’un colonel de l’Armée Dahoméenne, Christophe Soglo arrive sur la scène politique du pays, en forçant Hubert Maga (1er Août 1960 -27 Octobre 1963), premier président de la République du Dahomey indépendant, à démissionner.

En dix ans, on enregistra une douzaine coups d’État et régimes militaires, qui voient se succéder Christophe Soglo (28 Octobre 1963 -24 janvier 1964), Sourou Migan Apithy (25 janvier 1964 -26 Novembre 1965), Tahirou Cougacou (27 Novembre 1965 -21 décembre 1965), Alphone Alley (21 décembre 1967 -16 juillet 1968) Emile Derlin Zinsou (17 juillet 1968 -9 décembre 1969) , Maurice Kouandeté (10 décembre 1969 -12 décembre 1969) et Paul Emile de Souza (13 décembre 1969 -6 mai 1970) au pouvoir.

En 1970, un Conseil présidentiel constitué de trois membres, Maga, Apithy et Ahomadegbé (une présidence tournante à trois) prend le pouvoir et suspend la Constitution. La ronde des présidents n’a pu se faire.

En effet, seul Maga a pu passer les deux ans retenus à la tête du Dahomey.

À peine Justin Ahomadegbé (7 mai 1972 -25 octobre 1972) a-t-il entamé son tour de direction en 1972 que l’armée, sous la direction du capitaine Mathieu Kérékou, décide de reprendre en main le gouvernement, destitue le Conseil présidentiel, et Mathieu Kérékou devient le nouveau chef de l’État dahoméen.

Ainsi, le 26 Octobre 1972, l’armé prend le pouvoir et le commandant Mathieu Kérékou entame les premières modifications. Le nouveau gouvernement nommé –Gouvernement Militaire Révolutionnaire (GMR) est présidé par le Commandant Mathieu Kérékou.

En 1974, une réforme de l’administration territoriale écarte les anciens chefs de village et confie la gestion des Communes rurales à des maires et des délégués.

Le 30 Novembre 1974, le gouvernement adopte la doctrine marxiste-léniniste et les principes du socialisme scientifique pour le développer le pays.

Un an plus tard, le 30 novembre 1975, le nom du Dahomey est changé et devient la République populaire du Bénin. De même le drapeau vert jaune rouge est remplacé par un drapeau vert avec une étoile rouge à cinq branches dans l’angle supérieur gauche et on retient cette date pour la fête nationale.

Le Gouvernement militaire révolutionnaire se rapproche des pays socialistes comme l’Union Soviétique, le Cuba, la Corée du Nord. Le journal et la Radio mobilisent les militants à l’aide des slogans comme « Ehuzu dandan » et des chants révolutionnaires répétés à tout propos.

Des grandes entreprises, des banques, des assurances sont nationalisées et des sociétés d’Etat sont crées (SONACOP, SONICOG, la Béninoise).

En Octobre 1975, une réforme de l’éducation et de l’enseignement appelée « l’Ecole nouvelle » est instaurée. La réforme établit la production forcée dans les coopératives scolaires et universitaires, la formation des jeunes instituteurs révolutionnaires.

La justice indépendante est remplacée par une justice populaire. Le gouvernement se lance dans une lutte contre les commerçants malhonnêtes, les sorciers et les couvents de vodoun.

A la fin des années 1980, le République Populaire du Bénin, gouvernée par le Commandant Mathieu Kérékou, connait une situation économique et financière catastrophique.

Cette situation contraint l’Etat béninois à signer , en juin 1989, avec la Banque Mondiale et le Fonds monétaire international (FMI)son premier Programme d’ajustement structurel.

L’Etat en banqueroute n’est plus en mesure de payer ni les salaires, ni les pensions des retraités, ni les bourses. Tous le secteur public répond à cette crise par des mouvements de grèves illimités organisés par des étudiants et paralysants le pays tout entier.

Dans ce contexte, le président Kérékou sous la pression des bailleurs de Fonds et convaincu de la nécessité d’un changement démocratique annonce le 7 décembre 1989 à l’issue d’une réunion exceptionnelle des plus hautes instances politiques, l’abandon du parti unique, le Marxiste-léniniste et l’organisation début 1990 d’une Conférence nationale des forces vives de la nation qui doit définir les bases fondamentales d’un ordre nouveau.

Cette conférence se tient du 19 au 28 février 1990 à l’hôtel PLM Alédjo de Cotonou sous la présidence de Monseigneur Isidore de Souza, Archevêque de la ville.

Produit d’un consensus national , elle reste aux yeux de la majorité des observateurs de cette période, le moment fort du processus de transition béninois.

En effet, en une semaine, les 493 délégués de l’opposition et du pouvoir vont se mettre d’accord pour élaborer les fondements d’un ordre nouveau.

Cette conférence suspend d’abord la constitution marxiste-léniniste de 1977 et confie à une commission de juriste le soin de rédiger une nouvelle constitution qui sera soumise à un référendum en décembre 1990.

Elle restreint ensuite les pouvoirs du président de la République. Mathieu Kérékou est maintenu à son poste mais perd la plupart de ses attributions dont le portefeuille de la défense.

Les institutions de transition sont mises en place : création d’un poste de premier ministre confié à Nicéphore Soglo et d’un organe législatif, le Haut Conseil de la République.

Ainsi, en inaugurant le modèle des conférences nationales, le Bénin avait organisé, en 1991, ses premières élections démocratiques qui avaient consacrées la victoire de Nicéphore Soglo, avec 67,73 % des suffrages exprimés, sur son rival politique Mathieu Kérékou qui avait recueilli 32,27 % des suffrages exprimés.

Ainsi, battu à ses élections présidentielles de 1991, le président Mathieu Kérékou avait accepté d’abandonner un pouvoir qu’il avait exercé sans partage depuis le coup d’État de 1972, avant de remporter les élections suivantes, en 1996.

Lors du premier tour de la troisième élection démocratique de 2001, les résultats avaient donné raison à Mathieu Kérékou avec 47,06 % des voix contre 28,94 % à Nicéphore Soglo, son rival victorieux de 1991.

Le second tour de cette élection qui devrait opposer les deux premiers de ce premier tour a été brouillé.

Ainsi, devant le refus de la cour constitutionnelle d’invalider sa demande d’annulation des résultats du premier tour qui aurait, selon lui, été marqué par de nombreuses irrégularités, Nicéphore Soglo retire sa candidature.

De même, Adrien Houngbedji, président du Parti du Renouveau Démocratique (PRD, opposition à l’époque), arrivé en troisième position avec 13,47 % des voix, lui donne raison, et se retire lui aussi, refusant de cautionner ce qu’il appelle une  » mascarade « .

Le 18 mars 2001, Mathieu Kérékou fut réélu, sans surprise, avec 84 % des voix pour un autre mandat de cinq ans qui s’achèvera en mars 2006, lors d’un deuxième tour, devant son ministre d’Etat Bruno Amoussou.

En mars 2006, Mathieu Kérékou, à la fin de ses deux mandats constitutionnels et frappé par l’âge limite de 70 ans pour se présenter à une nouvelle élection, n’a pu modifier la loi fondamentale du pays

Le 6 avril 2006, un nouveau président de la République du Bénin, le docteur Yayi Boni, 54 ans, est officiellement installé dans ses fonctions à Porto-Novo.

Le nouveau président qui prône une « République coopérative et solidaire », a énuméré les quatre priorités de son mandat que sont les ressources humaines, une gouvernance concertée, le développement de l’esprit d’entreprise, la construction de nouvelles infrastructures.

L’ancien président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) est élu président de la République à l’issue du deuxième tour de scrutin le 5 mars 2006, rassemblant 74,51% des suffrages, contre 25,49% pour Me Adrien Houngbédji, qui a présenté ses félicitations au nouvel élu.

Source: http://www.afriqueavenir.org/2010/07/11/l’histoire-politique-du-benin-des-independances-a-nos-jours/

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